1891 : Les événements de Fourmies

1891
1 Mai

A la suite du massacre de Haymarket Square, survenu le 1er mai 1886 à Chicago à la suite d’une manifestation pour la journée de 8 heures, la deuxième internationale fait en 1889, du 1er mai la journée de la fête du travail.

Le 1er mai 1891, pour la deuxième fois, les organisations ouvrières du monde entier se préparent à la célébration de la fête du travail. L’internationale ouvrière appelle à faire de cette occasion une journée de mobilisation pour la journée de 8 heures. En France, le contexte politique est plus répressif que l’année précédente, et le République doit montrer qu’elle peut assurer la sécurité et le maintien de l’ordre pour durer.


La petite ville de Fourmies, vieille cité industrielle et textile du Nord de la France située à 200 kilomètres de Paris, compte alors 15 000 habitants. Elle sort d’une longue grève au terme de laquelle le patronat menace les ouvriers de licenciement en cas d’arrêt du travail, et obtient du préfet la mobilisation de deux compagnies d’infanterie afin d’assurer le maintien de l’ordre.

Au cours de la matinée du 1er mai, quatre manifestants sont arrêtés et emprisonnés dans la mairie au terme d’échauffourées. L’après midi, les manifestants décident d’obtenir la libération de leurs camarades enfermés. Leur slogan « c'est les huit heures qu'il nous faut » est bientôt transformé en « c'est nos frères qu'il nous faut ».

Un groupe de 200 manifestants se dirige vers la mairie. Il fait face aux soldats envoyés par le préfet. Alors que la foule s’approche de plus en plus des soldats, ces derniers reçoivent l’ordre de tirer. Neuf personnes perdent la vie au terme des affrontements, dont quatre femmes et un enfant, et quarante cinq sont blessées.


Les événements de Fourmies marqueront l’histoire du 1er mai en France. Au sein du mouvement ouvrier, ils contribueront à faire de la Troisième République une république sécuritaire et répressive.

Mais ils donnent également à voir la réaction d’un régime en quête de légitimité, soucieux de montrer qu’il peut assurer le maintien de l’ordre et résister à la pression des forces sociales. Un régime qui ne dispose toutefois pas des forces de l’ordre et du savoir-faire nécessaires pour réprimer le conflit social sans causer de victimes et se délégitimer auprès de toute une partie de la population.

En ce sens, les événements de Fourmies constituent également un moment fondateur du maintien de l’ordre en France, un contre-modèle qu’il s’agira absolument d’éviter lors des manifestations et conflits sociaux qui surgiront pendant tout le vingtième siècle.
 

 

Mis en ligne le 9 avril 2012  |  Dernière mise a jour 24 septembre 2017